Assez d'incompréhensions et de mensonges !

Assez d'incompréhensions et de mensonges !
Le peuple demande la sincérité : Je commence carrière.


http://myspace.com/Fromtheblackboard

# Postato sabato 26 aprile 2008 14:12

BABAORHUM -à corriger-

Chapter One : Babaorhum

L'académie de magie. Ca faisait très stéréotype... On imaginait sans y entrer un endroit immense dans lequel diverses personnes aux tenues extravagantes se battaient à coups de baguettes magiques. Mais l'académie de magie dans laquelle je retournais pour la deuxième fois n'avait rien à voir avec les contes. Pour commencer, les étudiants ne se cachaient pas. D'ailleurs, pourquoi se cacheraient-ils, aujourd'hui ? La chasse aux sorcières n'avait plus cours depuis des lustres, et même si certaines personnes n'encourageaient pas l'utilisation de la magie, plus par jalousie des capacités qu'eux n'avaient pas, que par bon sens, le monde entier la tolérait. Les créations d'académies avaient été organisées par les gouvernements il y a deux ans. Ils y avaient accueillis des élèves de quatorze à vingt ans de manière à ce qu'ils soient guidés pour contrôler, peaufiner et amplifier leurs pouvoirs. La grande majorité des professeurs étaient d'anciens mages légendaires qui étaient revenus vivre dans leurs pays longtemps après les chasses aux sorcières, quand les préjugés sociaux n'étaient plus assez puissants pour les discréditer. L'Angleterre avait nombre de mages des plus connus, comme Merlin, ou d'autres. Mais la renommée ne faisait pas tout, car nombre de mages insoupçonnés sont apparus pour prendre les rennes des académies de par le monde. Certains étaient bien plus doués que les grands noms des légendes. En y réfléchissant, je trouvais ça normal : ils avaient exercé leurs pouvoirs jusqu'à devenir des maîtres capables d'enseigner, et sans jamais être découverts par les populations. Il y avait, d'un certain point de vue, beaucoup plus de mérite à rester inconnu.
L'Académie de France n'était pas des plus prestigieuses, et ne recelait pas de grands magiciens entourés de légendes, mais là n'était pas l'important. Deux ans plus tôt, j'étais entré dans l'école sans avoir les qualifications nécessaires. A vrai dire, je ne pouvais pas utiliser mon pouvoir. J'en avais vite été chassé de la plus détestable manière : Prenant la décision pour moi, les conseils d'élèves en place avaient vite signé mon rejet. Je l'avais extrêmement mal pris. Restant plus d'un an sans enseignement, j'avais beaucoup lu de littérature avant de trouver un maître qui m'apprit à devenir un puissant mage rapidement. Il m'avait dit, un jour, que mon pouvoir pouvait paraître faible, mais qu'il pouvait vaincre n'importe qui. Peut-être avait-il raison, mais ce n'était pas n'importe qui, que je voulais vaincre... Nous nous quittâmes de la pire des façons, et au bout d'un long voyage, je parvenais à nouveau devant cette école magique que j'avais maudite mille-et-une fois. Mon costume noir était certainement aussi sombre que les souvenirs qui émanaient du grand portail, que je franchis pour la troisième fois. Deux fois dans un sens, une fois dans l'autre. J'étais impatient de retrouver plusieurs personnes, certaines pour renouer des liens rompus il y avait un an et demi, d'autres pour les punir d'avoir provoqué cette rupture...

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Près de l'entrée, dans l'immense cour extérieure, un spectacle détestable se préparait. Une bande de trois garçons aux allures de voyous parlaient de manière rude à une jeune fille qui avait eu le malheur de bousculer l'un d'eux, et de déchirer un pan de sa veste jaune vif. Elle s'appelait Tolde, et c'était sa première année dans cette académie. Solitaire, parce qu'elle n'avait pas connu d'autres mages, elle n'avait personne à qui parler dans cette gigantesque population. Elle regrettait de ne pas avoir cessé de regarder ses pieds, de peur de croiser un regard hostile ou trop intéressé. Si elle avait regardé droit devant elle, elle aurait sans doute évité ce drame, pensait-elle. Mais ce n'était pas vrai. Le garçon dans lequel elle était entré s'était volontairement mis sur son chemin. Il était là depuis un an, et profitait du commencement de sa nouvelle année pour s'adonner au bizutage. Il avait soigneusement choisi dans la foule une jolie jeune fille au visage inconnu, et à la veste noire, autrement dit, la plus vulnérable personne possible. A présent, il lui parlait d'un ton agressif, en ricanant, et en l'amenant à l'écart de la foule, vers le coin d'un bâtiment, là où personne ne le verrait punir la jeune fille de son crime.

"Hé, toi, t'as quel âge ?
-Dix-sept ans.
-Tu sais combien ça va me coûter, de rafistoler cette veste ? T'as bien vu la couleur ? Hein ?
-Elle est jaune, répondit-elle confusément.
-Ouais, elle est jaune ! Et tu veux que je t'explique ? Le jaune, ça veut dire que mes pouvoirs sont plus rares et dangereux que les tiens, veste noire.

Bien sûr, Tolde le savait déjà. On lui avait expliqué dans le dossier de pré-inscription cette répartition par couleurs. Il y avait trois catégories d'étudiants, à l'académie : les blancs, les jaunes, et les noirs. Ces derniers étaient les détenteurs des pouvoirs les plus faibles, et les moins utiles en combat. Le sien était de créer de petits courants d'air. Si elle étudiait ici et apprenait à renforcer son pouvoir, elle pourrait revêtir une veste blanche, quand les courants d'air se changeraient en rafales de vents et en tornades. Les "vestes jaunes" étaient les étudiants entre veste noire et blanche. Elle se contenta de hocher la tête sans oser regarder son agresseur dans les yeux, craignant qu'il prenne un regard comme un défi. C'était généralement la réaction de gens arrogants comme lui. Ils arrivèrent finalement derrière le bâtiment, à l'abri des regards. La jeune fille commençait à paniquer. Elle leva un regard implorant vers le meneur des trois voyous qui, souriant, lui tendit sa main ouverte.

-Tu dois bien avoir un peu d'argent sur toi pour me dédommager, non ? Enfin au moins, je te le conseille. Dans le cas contraire, nous prendrons autre chose.

Elle comprit immédiatement de quoi il parlait, et porta la main à sa bouche, versant des larmes de peur. Elle n'avait pas d'argent sur elle, et ne pourrait en récupérer qu'une fois qu'elle aurait récupéré ses bagages, amenés la veille dans sa chambre, à l'internat, par le personnel de l'académie. Elle regarda la main sur laquelle la marque en forme de carré noir, propre à toute personne douée de magie, et entendit les ricanements bruyants des deux complices, puis s'effondra, balbutiant des excuses entrecoupées de sanglots.

-Alors tu n'as rien... C'est un problème.
-C'est quoi, le problème, les gars ?

Tolde leva un regard vers le nouvel arrivant. Il portait une veste noire identique à la sienne. Les yeux embués, elle ne remarqua pas son visage déformé d'un sourire découvrant toutes ses dents. L'agresseur se retourna vivement vers lui, et recula d'un pas. Les rires s'étaient tus, et une nouvelle atmosphère planait dans l'air.

-Dégage, veste noire, t'es pas concerné, et je te conseille de ne pas chercher à l'être.
-Je ne suis pas d'accord. Vous êtes en train de maltraiter une jeune fille de la même classe que moi.
-Tu sais pas que c'est déconseillé, d'emmerder plus fort que soi ?
-Tu sais pas que l'habit fait pas le moine ?
-Quoi, tu crois que tu mérites mieux que ta veste noire, enfoiré ?
-Non, je pense que tu mérites moins que ta veste jaune.

Le voyou se tut soudain. Il serrait les poings. Le visage souriant du mec qui l'empêchait de faire comme bon lui semblait l'énervait. Et en même temps, il faisait dresser tous les poils qui parcouraient son corps. Il y avait quelque chose de dangereux chez cet étudiant aux longs cheveux noirs. Ses yeux aussi lui faisaient éprouver un sentiment proche de la peur. Mais il ne pouvait pas se défiler comme ça. Il dressa ses deux mains vers lui et de petites boules enflammées naquirent sur ses paumes.

-On va bien voir ça...

Une gerbe de boules de feu sortirent les unes après les autres des carrés noir sur ses paumes pour se diriger vers l'étudiant à veste noire qui leva une main, sur laquelle apparaissait le même signe. Il sauta hors du tracé des projectiles enflammés, les laissant s'écraser sur le sol là où il se trouvait, mais le voyou lui en lança une autre là où il avait atterris. Il ne pourrait pas l'éviter. Il n'essaya pas même de le faire, se contentant de lever sa main droite pour accueillir la boule de feu sur sa paume. Le signe brilla vivement, et absorba la flamme. L'autre rit bruyamment.

-C'est donc ça, ton pouvoir ? Une simple capacité d'absorption ? Je sais pas à quoi je m'attendais de la part d'une veste noire, mais c'est encore pire que tout ce que j'aurais pu imaginer... Hé, tu m'écoutes ? Tu pourras jamais me battre avec ça, alors arrête de sourire.

Tolde avait fermé les yeux depuis la première attaque, le visage dans les mains, et avait serré les dents quand elle avait entendu les explosions des projectiles. Mais le ton paniqué de son agresseur l'avait forcée à regarder à nouveau son sauveur. Non seulement il souriait, mais en plus, ses yeux brillaient d'amusement. Il se jouait de son adversaire. En voyant son visage, elle prit immédiatement peur. Il avait une expression de démon. Son large sourire s'accentua quand il se redressa et provoqua son adversaire d'un geste de la main. Ce dernier ne se fit pas prier, et, suant à grosses gouttes, bombarda à nouveau le garçon de ses boules de feu. Mais cette fois, l'autre ne fuit pas. Il disposa ses mains de la même manière et envoya aussi des boules de feu les unes après les autres qui désintégrèrent les autres en vol. Ce serait une bataille d'endurance, et le gagnant ne faisait aucun doute, car l'un souriait de plus en plus, alors que l'autre commençait à sentir ses jambes trembler.
Au bout d'une minute seulement, l'échange de boules de feu perdit de sa force. Des étudiants attirés par le bruit et les lumières commençaient déjà à encercler les deux protagonistes. Parmi eux, certains prenaient des paris sur l'issue du combat, encourageant ou sifflant les deux garçons. Ce fut la veste jaune qui s'effondra sur le dos. Aucun d'eux n'avait été touché, mais la perte d'énergie et de mental qu'il avait subit faisaient qu'il respirait par saccades. Avant qu'il ait pu récupérer son souffle, l'autre était sur lui, la paume sur sa poitrine.

-C'est dommage de devoir se repayer une chemise dés le premier jour. Tant qu'à faire, garde-la jaune, j'ai pas envie de te voir dans ma classe."

Le garçon, incapable de dire un mot, paralysé par la terreur, hurla lorsque sa veste prit feu au contact de la paume de son adversaire.

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Je n'avais pas vraiment eu envie de le blesser, mais mon sang s'était échauffé au contact de son pouvoir de feu. De plus, j'avais régulé ma force de manière à ce que seule la surface du vêtement prenne feu. Il n'y aurait sans doute que peu de mal. Je repris le contrôle de mes émotions, effaçant mon sourire. Portant un regard à la foule, je remarquais que les vestes noires criaient de joie et se moquaient du vaincu. Ce devait être rare. Une veste noire était justement de ce rang car son pouvoir était inférieur à celui d'une veste jaune. Les vestes jaunes me portaient des regards assassins que je leur rendis volontier. Il y avait toujours eu une forte rivalité entre noirs et jaunes, même deux ans plutôt, à ma première entrée à l'académie. Les vestes blanches, eux, moins nombreuses mais incontestablement supérieures, représentaient l'élite, et n'étaient pas concernées par ce conflit. Tout le monde les admirait, moi, je détestais leurs manières supérieures... Mais après tout, je les avais aussi adulées, avant que certains d'entre eux ne me renvoient. Dans la foule, ils chuchotaient entre eux du combat qui s'était déroulé sous leurs yeux.
Trois d'entre eux sortirent du rang. Sans doute des représentants du Conseil de Discipline, qui venaient me faire la morale.

"Eh, toi, comment tu t'appelles ?
-Minoson Dajiel.
-Tu sais que les combats son interdits dans l'enceinte de l'établissement ? me demanda un petit blond aux cheveux mi-longs et à l'air sûr de lui.
-Je le sais, et je ne me considère pas en faute, rétorquais-je.
-Oh, et pourquoi ça ? reprit-il, plein de suffisance.
-Quand on écrase un insecte, est-on pour autant coupable de meurtre ? Je ne pense pas avoir livré de combat ici.

Les vestes noires qui avaient tu leur enthousiasme répondirent par un cris d'approbation à mon égard. Je ne pus m'empêcher de sourire, mais ce n'était apparemment pas au goût du blondinet qui serra les dents et les poings, sans doute sur le point de répliquer moins oralement. J'avisais le monde présent, qui ne continuait d'affluer. Je remarquais au passage que mon adversaire et ses deux gorilles étaient déjà partis sans demander leurs restes. Mais même sans eux, il y avait bien trop de monde pour qu'une veste blanche perde son sang-froid. La jeune fille du groupe de trois posa sa main sur l'épaule de son camarade pour le calmer, et tendit de l'autre main un gros dossier ouvert à son camarade. Celui-là, aux cheveux noirs, semblait plus appréciateur de ma réplique. Il semblait s'amuser, et mon esprit m'avertit que c'était sans doute le plus dangereux des trois. Il attrapa le dossier et lut, réhaussant les sourcils avant de me regarder dans les yeux.

-Je vois... Minoson Dajiel, renvoyé il y a un an et demi pour incapacité à apprendre à l'académie. Détenteur d'un faible pouvoir de copie... On dirait que tu viens de passer ton examen d'entrée. De plus, tu mérites une veste jaune.

Il souriait et sans rien de plus, il parvenait à m'exciter. Il n'y avait aucun doute, il était fort. Nous étions semblables, car nous avions le même goût du combat. Et notre combat avait déjà commencé.

-Je vais garder la veste noire, répondis-je, acclamé par mes collègues, et hué par les autres. Puis-je savoir si mon renvoi précédent était de votre fait ?
-Qui sait ?
-Le regard paniqué de la jeune fille à tes côtés semble savoir, lui.

Effectivement, j'avais capté chez la jeune fille un avertissement muet. Elle plongea ses yeux dans les miens. Elle l'avait vue. La lueur dangereuse dans mes yeux que j'avais aussi vue dans les yeux de mon interlocuteur. Le blondinet regardait de droite et de gauche, cherchant à comprendre l'échange silencieux qui s'effectuait entre nous trois. Comme je le pensais, c'était le moins dangereux. Il me semblait comme un chaton qui attaquait tout ce qui l'énervait. Je crois que j'étais aussi comme ça, avant, la présomption en moins.

-Tu dois te tromper, mais passe nous voir un jour dans le bureau du Conseil de Discipline en dehors des heures de cours, me répondit celui aux cheveux noirs. Je m'appelle Théodore, et voici Lise et Victor. On te laisse tranquille pour cette fois, mais fais attention à toi, à compter de ce jour.

La menace était claire, et même Victor l'avait sentie, car il s'était mis à sourire de façon supérieure. Ils tournèrent les talons sans un mot de plus. Je ne les quittais pas des yeux. Ils chuchotèrent entre eux après une demi-douzaine de mètres, et au moment de disparaître au coin de mur, je vis clairement le regard calme et mesuré du dénommé Théodore. Cette année serait bien plus intéressante que les autres... Je tournais la tête vers la jeune fille qui s'était faite malmener. Elle avait l'air d'aller bien, toujours à genoux. Elle avait séché ses larmes, et me dévisageait. Elle voulait sans doute que je la rassure, ou autre chose... Alors, d'un air plus ou moins ironique, en lui tendant une main, je lui fis :

"Bienvenue à l'académie de magie."

Elle sourit à son tour, empoigna la prise que je lui donnais, et se remit sur ses pieds. Nous nous éloignâmes sous les yeux de la foule, sans se soucier des sifflements et des huées. Je devais lui parler des côtés les plus insoupçonnables de l'académie.

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Nous marchions le long des couloirs qui menaient à la salle d'accueil des vestes noires. Elle n'avait pas prononcé un seul mot. Je commençais à me demander si elle était muette. Lui portant un regard, je décidais de rompre le silence.

"Il faut savoir que les jaunes te chercheront des noises sans arrêt. Donc évite-les autant que possible. Après, il y en a des gentils, mais tu sais ce que c'est : avoir quelqu'un d'inférieur à soi-même dans la hiérarchie suffit à nous donner des réflexes de tyrans.
-Et les blancs, ce sont ceux qui nous évitent d'avoir des ennuis ?
-En apparence, seulement. Les trois de tout à l'heure ont dû t'apparaître pleins de bonté. Ils venaient régler le conflit et punir les responsables pour le bien de tous. Mais, repris-je quand elle hocha la tête, ce n'est qu'un déguisement. Derrière leurs airs de gentils, ce sont en fait des calculateurs. La grande majorité d'entre eux sont très dangereux. Eux, ne les évite pas : fuis-les comme la peste.

Elle pensait que j'exagérais ou que j'étais paranoïaque, c'est lisible dans son regard. Je serrais les dents. Elle ne me croyait pas. C'était normal, et je cherchais une preuve de ce que j'avançais. Bien sûr, ce n'était qu'une hypothèse de ma part, mais je l'avais tellement ruminée que dans ma tête, différentes pièces d'un puzzle semblaient prendre leurs places au cours de mes réflexions. Je m'arrêtais soudain de marcher. J'avais une preuve. Je me tournais vers la jeune fille qui me restait tout aussi inconnue, en souriant.

-Tu te souviens du moment où la foule s'est assemblée autour de la veste jaune et moi ? Tu trouves pas ça bizarre, que les trois du Conseil de Discipline n'en soient sortis qu'au moment où tout était fini ? Tu penses pas qu'il aurait été plus normal pour eux de s'interposer ?
-Mais ils n'étaient pas dans la foule à ce moment-là, si ?

Elle était butée, mais c'était effectivement une grande faille dans mon raisonnement. Cependant, il y avait quelque chose qui n'allait pas. Selon moi, ils y étaient forcément. D'ailleurs, c'était la seule chose pour laquelle ils étaient toujours présents : les évènements, prévus ou non. J'imaginais Théodore et son air calme, un sourire aux lèvres, prenant mentalement des notes sur moi. Je m'étais fait remarquer, il n'y avait plus moyen de faire marche arrière. Et même si je devais être le seul à me méfier des vestes blanches, ça m'allait. Moins les autres se méfieraient, moins ils se feraient remarquer.

-Au fait, je m'appelle Tolde. Merci de m'avoir aidé, en tout cas.
-Oh, fis-je, surpris qu'elle parle de sa propre initiative. Je suis Minoson, et c'est la seconde fois que je vais me présenter devant la classe des vestes noirs.
-Oui, j'ai entendu dire que c'était impressionnant.
-La première fois, je suppose que ça l'était, mais maintenant, je sais que quoi qu'ils pensent de la présentation, ils acclament la venue d'un nouveau membre.
-Pourquoi est-ce la deuxième fois que vous vous présentez ?
-Hé, j'ai dix-sept ans, ne me vouvoie pas, sursautais-je, surpris. J'ai été renvoyé y a un an et demi, environ six mois après mon entrée à l'académie. Je ne savais pas suffisamment contrôler mon pouvoir pour continuer d'apprendre. C'est tout.

Un silence s'installa. J'entendais presque ses pensées me dire que désormais, il ne devrait plus y avoir de problèmes, et je le savais. Mais j'avais beaucoup changé, pendant mon absence. En quelque sorte, j'avais un peu peur de retrouver les vestes noires avec lesquelles je m'étais bien entendu auparavant. Je hochais la tête à l'intention de Tolde, et stoppais mes pas. Nous étions arrivés. Un brouhaha provenaient de la salle de présentation. Cela me fit déglutir malgré moi.

-Entre en premier, nous nous reverrons plus tard."

Elle ne prononça pas un mot, me jeta un regard, et me posa la main sur l'épaule en un geste rassurant avant d'entrer. Avais-je donc tant l'air perturbé ? Sans doute. Un vertige s'amplifiait en moi, et mes jambes me lâchèrent. Il y avait deux ans que je m'étais présenté, dans cette même salle, où je ne connaissait personne. Je me pris la tête entre les mains. De nombreux souvenirs me traversaient. J'avais rencontré ici de bons amis... D'excellents ennemis... C'avait été une journée inoubliable. Le premier jour à l'intérieur de l'académie de magie de France. Tout ressurgit en moi en une seconde qui parut des heures.

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Je me trouvais dans la salle, entre un garçon et une fille de mon âge. La présentation n'avait pas commencé, mais nous étions tous nerveux. Pour ma part, mes dents s'entrechoquaient bruyamment. Et pourtant, personne ne semblait vouloir se moquer de moi. La fille avait le regard fixé sur ses chaussures, comme captivée par ses lacets. Ses bras pendaient mollement. Le garçon à ma gauche, lui, regardait droit devant lui, comme s'il pouvait voir au travers du mur d'en face. Ses talons joints, ses dents et poings serrés témoignaient de son extrême tension. Je n'étais pas le seul à craindre le moment de me présenter aux anciennes vestes noires qui nous observaient depuis les bancs surélevés. Ils souriaient, et nous détaillaient comme des animaux sur une place de marché. J'avais horreur de ça. Je sentis une main me tapoter le dos. Je me retournais, paniqué. Un garçon chauve me regardait avec un sourire calme, et des yeux perçants.

"Si tu te focalises sur ta prestation, tu ne parviendras jamais à te calmer, me dit-il en accentuant son sourire.

Je sentis mes lèvres s'étirer instinctivement. Il avait l'étrange capacité de me faire sourire à mon tour. C'était une sorte de phénomène de mimétisme. Mais je ne parvenais pas à saisir la portée de ses mots. J'étais trop paniqué pour ça.

-Mais je ne pourrais pas accomplir de prestation... Mon pouvoir ne me le permet pas.
-En quoi consiste-t-il, ton pouvoir ?
-C'est de la copie. Je reproduit la magie que j'absorbe.
-N'hésite pas à me demander de l'aide, mon pouvoir, c'est d'étirer mes membres pour frapper à distance.
-Ca fait partie des pouvoirs que je ne peux pas reproduire : je ne peux pas absorber tes bras, car ils ne sont pas uniquement constitués de magie.
-Oh, je suis désolé. Je m'appelle Kapok, et toi ?
-Minoson.
-Eh bien Minoson, reprit-il en regardant sur sa gauche, bonne chance, les présentations commencent.

Je tournais subitement la tête dans la même direction, et vis le professeur entrer dans la salle, et se diriger vers nous, une longue liste à la main. Je déglutis, affolé, en l'entendant annoncer le déroulement des présentations.

"Tout d'abord, quand j'appellerais votre nom, vous vous placerez au centre de l'estrade, et me présenterez vos paumes de mains. Puis, quand je vous le direz, vous parlerez clairement à l'attention des élèves qui sont plus anciens que vous dans l'académie. Vous donnerez vos noms et prénoms, la nature de votre pouvoirs, puis vous ferez la démonstration de ce pouvoir."

L'homme, fin des pieds jusqu'à la tête, présentait un immense sourire découvrant quelques dents en or. Ses vêtements bien que sans fioritures, semblaient coûter très cher. Il avait certainement été un de ces magiciens cachés, qui exécutaient des travaux très compliqués en cachette, à l'aide de leurs pouvoirs, s'assurant ainsi primes et bonne situation. Il leva devant ses yeux la liste, et prononça le premier nom d'un ton théâtral. La personne concernée, dont le nom de famille commençait par A s'avança. C'était une jeune fille aux cheveux courts, et au visage blanchie par l'appréhension. Elle présenta ses mains jointes sur lesquelles apparaissaient les marques noires des mages, et attendit. Le professeur nota rapidement quelques mots sur la liste, et prononça deux mots.

-Allez-y.
-Je suis Atrion Flora, commença-elle rapidement, et mon pouvoir consiste en le changement des couleurs d'un objet que je touche.

Aussitôt, elle plongea une main dans la poche de son pantalon, et en sortit un objet en bois plutôt quelconque, sans doute taillé pour l'occasion. L'objet ne représentait riens en particulier, mais quand il se colora, on put déceler un cheval blanc monté par un homme en vert appuyé au tronc d'un arbre. C'était intéressant, et mon esprit s'emballa rapidement à imaginer les différentes utilisations de ce genre de magie.

-Une ovation à mademoiselle Flora, je vous prie, cria l'homme à l'attention des élèves qui s'étaient levés sur les bancs.

Un tonerre d'applaudissements se fit entendre, accompagné des sifflements de ceux qui trouvaient la demoiselle à leur goût. Le professeur lui chuchotta quelque chose à l'oreille pour se faire entendre, et la jeune fille sourit avant de courir s'asseoir.
Le même rituel s'opéra à un rythme à peu près régulier, et j'essayais sans cesse de deviner quel pouvoir allait être le suivant. Je me trompais à tous les coups, mais je n'étais jamais déçu. La magie proposait un assortiement de sorts impressionnant, et même si certains thèmes revenaient, jamais les pouvoirs n'étaient parfaitement identiques. Mon tour vint alors que je ne l'avais pas vu venir. Mon sang me monta à la tête d'un seul coup avant que je n'aie eu le temps de m'y préparer. Pourtant, la proportion de noms précédant alphabétiquement mon nom avait été énorme, mais ce détail disparut de mon esprit. Il ne restait qu'une chose : c'était mon tour de montrer mon pouvoir, et de ne pas les décevoir.
Je fis quelques pas, montrais mes mains et après le signal, donnais mon nom et mon prénom :

-Je suis Dajiel Minoson, et mon pouvoir est une magie de copie.

Je m'arrêtais. J'avais besoin d'un partenaire pour faire une démonstration. Je portais mon regard sur le professeur et ouvris la bouche, mais aucun son ne sortit : j'étais paralysé par cet imprévu.

-Il a besoin d'une personne qui projette de l'énergie magique pour sa démonstration, intervint Kapok, en faisant un pas en avant.

J'acquiesçais de la tête et souris. Le professeur sembla comprendre, et chercha du regard un élève parmis les anciens. Il le trouva et le pointa du doigt.

-Mark, à toi de jouer.

L'élève se leva et traversa la salle, souriant. Il était roux, et avait un air somnolent. Ses yeux mi-clos reflétaient pourtant une grande assurance. Beaucoup de ses camarades devant lesquels il passait lui flanquaient une claque amicale dans le dos. Il arriva finalement face à moi et parla.

-Mon pouvoir est de faire sortir des éclairs de mes doigts. Fais de ton mieux, Minoson.
-Merci, répondis-je doucement, en hochant la tête. Peux-tu en diriger un dans la marque de ma main ?

Il acquiesça et tendit une main face à la mienne. Quelques secondes passèrent sans que rien n'arrive. Je sentis cependant mes cheveux se dresser peu à peu sur ma tête. Je vis ceux du professeur faire de même, puis ce furent toutes les vestes noires de voir leurs chevelures s'élancer vers le ciel. A l'exception de Kapok, qui pouffa de rire, en regardant tout le monde. Ce fut à ce moment-là que l'éclair partit et parvint au centre de la paume de ma main, qui brilla brèvement et l'absorba. Je n'avais rien vu venir, mais heureusement, je n'avais pas relâché ma concentration en observant l'effet de l'accumulation de l'électricité dans la pièce. Je levais ensuite le bras en direction du plafond, et renvoyais l'éclair, me concentrant au maximum. Je ne pouvais pas le conserver très longtemps. Un éclair minuscule jaillit et toucha une lampe du plafond, qui brilla intensément une fraction de seconde avant de claquer. Je n'avais pas visé intentionnellement l'ampoule, mais l'effet de ce hasard n'était pas sans me faire plaisir. Je souris au dénommé Mark qui fit de même, et la salle applaudit de nouveau. Je jettais un regard à Kapok qui criait de toutes ses forces. Je lui souris, et partis vers les bancs, épaulé de Mark.
La suite des présentations fut identique à la mienne, et celle de Kapok fut ma préférée, puisqu'il étira son bras jusqu'au haut plafond pour briser l'ampoule inutile. Je hurlais ma joie en même temps que les autres, et nous regardâmes la suite des opérations Mark, Kapok, et moi. Mon éclair avait été si faible, comparé à celui de Mark...

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Je me relevais, dos au mur. Je devais revivre la présentation. Mais ce ne serait sans doute pas la même que la dernière fois. Je passais le câdre de la porte, et m'apperçus que tous les regards étaient fixés sur une personne. La présentation avait déjà commencé. Cloué sur place, je regardais un garçon plus jeune que moi se concentrer, tourné vers le mur face aux bancs, sur lesquels les anciens se tenaient debout. Même pour la présentation, un si grand silence n'était pas habituel. Je me demandais ce que le garçon allait faire qui captive autant les vestes noires. Tout le monde, moi compris, retenait son souffle.
Et soudain, je me vis. Sur le mur, c'était moi, durant mon combat contre le garçon à la veste jaune. Les bruits des explosions des boules de feu semblaient surgir du mur. Ma peau fut parcourue d'un frisson quand je vis mon propre visage, alors que mon sourire s'étirait. C'était un sourire de dément, prenant un plaisir immense à se battre. Je souris instinctivement quand l'image se tourna vers la veste jaune au regard effrayé. Je me repris cependant rapidement. Tout le monde allait me regarder comme une bête de foire. Impossible de passer innaperçu. Je m'étais fait remarquer... Et ce garçon au pouvoir consistant à montrer ce qu'il avait vu et entendu dans le passé n'arrangeait rien. Je soupirais et me mis à marcher en direction de l'estrade. J'en escaladais la marche au moment où le feu dévorait l'habit du pauvre garçon. La retransmission s'arrêta immédiatement après, et le jeune homme se retourna vers les anciens, satisfait de sa démonstration.
Il ne reçut pas d'applaudissement, plus personne ne le regardait. Tous les yeux étaient braqués sur moi. Je marchais vers lui, et lui posais la main sur l'épaule, avant de me tourner vers les anciens. Je jetais un regard circulaire sur l'assemblée. Certains chuchotaient, mais c'était le seul son audible.

-Et alors, où sont passées vos manières ? Une ovation pour ce jeune homme !

D'abord hésitants, quelques applaudissements se firent entendre, suivis d'une trombe de claquements de mains. Je me penchais pour chuchotter à l'oreille de celui qui m'avait dévoilé à toutes les vestes noires.

-Félicitations pour ta démonstration.

Il me sourit joyeusement et partit se joindre aux autres. Je restais au centre de l'estrade, et me tournais vers le professeur, qui était le même que lors de ma première présentation, la moustache en plus.

-Tant que je suis là, personne ne voit d'inconvénient à ce que je me présente ?
-Non, pas le moins du monde, répondit l'homme, couvert par les acclamations des vestes noires.

Je lançais alors un regard assuré en direction des anciens dont je connaissais la majorité de vue, et certains autres mieux que la majorité.

-La démonstration, vous l'avez déjà eue. Je suis Dajiel Minoson, et mon pouvoir est une magie de copie."

Avant qu'un seul bruit de se soit élevé, j'entendis le hurlement de Kapok, que je saluais d'un clin d'oeil. J'étais très heureux qu'il soit toujours veste noire. Cependant, je ne parvenais pas à trouver l'air somnolent de Mark...

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Quelques bâtiments plus loin, celui des Vestes Blanches était très animé. Les présentations des rares étudiants déjà capables d'utiliser leurs pouvoirs de manière dévastatrice étaient terminées. Quoiqu'on en dise, ce n'était pas une qualité de commencer l'académie en tant que Veste Blanche, car les "génies", comme on les appellait, devenaient facilement arrogants. Or, l'arrogance marquée envers les grades inférieurs étaient aux Vestes Jaunes. Ils étaient donc rapidement rétrogradés. Les autres conservaient leurs Vestes Blanches. Mais pour l'heure, l'attention n'était pas tournée vers les défauts de comportement des nouvelles Vestes Blanches. C'était une Veste Noire, qui animait toutes les conversations. Toutes les personnes du bâtiment avaient reçu la transmission de pensées d'un élève qui avait, sur ordre du Conseil de Discipline, fait vivre le combat de Minoson Dajiel à toutes les Vestes Blanches. Les conversations étaient entièrement tournés vers cette Veste Noire qui avait tenu tête, et défait une Veste Jaune sans grands efforts. Et même si la plupart des élèves les plus puissants étaient soucieux de l'ordre de l'académie, certains d'entre eux avaient ajouté l'élève au sourire dément à leur liste de personnes à combattre. Mais personne ne connaissait mieux cette personne que Mark Lomen, Veste Blanche au regard désintéressé, lanceur d'éclairs. Depuis la transmission, il ne savait pas comment réagir, et tournait en rond devant la salle du Conseil de Discipline. Il avait demandé expressément à savoir quelles mesures seraient prises à propos de son ami.
Dans son esprit, le passé et le présent entraient en contradiction. Autrefois souriant et peu sûr de lui, Minoson semblait s'être transformé en un être vide de compassion, dont l'assurance était devenue gigantesque, et dont le sourire même, s'était transformé en un rictus malveillant. Mark ne savait plus s'il devait encore le considérer comme l'ami d'autrefois, ou s'il devait se méfier de son regard dangereux. Ce fut sur cette réflexion qu'il vit la porte du Conseil s'ouvrir. Un grand élève aux cheveux noirs lui fit signe d'entrer. Théodore, nouveau camarade de classe semblait très heureux, plus heureux qu'il ne l'avait été depuis que Mark le connaissait. Ce n'était pas étonnant. Le membre le plus influent du Conseil était sans cesse à la recherche d'élèves dignes d'attention, et le scandale de la journée, le premier jour de l'année, n'était pas pour lui déplaire. Ils ont le même regard, réalisa Mark, alors qu'il s'asseyait en face du bureau des cinq membres du Conseil de Discipline. Ce fut Théodore qui brisa le silence, un sourire aux lèvres.

"Mark, parle-nous de Minoson Dajiel, s'il te plaît.

L'élève fut prit de court. Il s'attendait plutôt à ce que ce fut le Conseil qui lui parlerait de Minoson. Après un instant d'hésitation, il se résolut à dire ce qu'il savait au sujet de son ami.

-Minoson est... Ou plutôt était un garçon gentil, qui rigolait de tout, et évitait les problèmes autant que faire se peut. Il était conscient que son pouvoir était faible et inutile en combat, à moins de réunir des conditions précises...
-Les pouvoirs ne devaient être que des projections d'énergies magiques, le coupa le garçon aux cheveux noirs. Quoi d'autre ?
-Il devait absorber cette énergie dans le signe au creux de ses paumes, réfléchit Mark. Les mains liées, ou pris par surprise, il ne pouvait copier le pouvoir de ses ennemis. De plus, l'énergie ne devait pas dépasser une certaine taille. Si elle dépassait celle de ses mains, ses poignets et ses bras recevaient les effets de la magie. Je pense que c'est tout.
-Bien. Très bien. Nous devons observer et savoir, reprit-il à l'attention des autres membres du Conseil, que ces conditions sont toujours les mêmes. Il est hors de question de tenter de le vérifier par nous-même. Je ne veux pas faire de Minoson Dajiel un ennemi des Vestes Blanches, et du Conseil de Discipline.

A quelques sièges de là, Victor, le plus jeune membre du Conseil serra les poings. Il avait visiblement envie de se battre avec le prodige des Vestes Noires. Et il avait senti que la dernière phrase de Théodore s'adressait à lui plus qu'à quiconque.

-Théodore, commença Mark, quelles actions va entreprendre le Conseil à son sujet ?
-Juste de la surveillance, affirma le garçon, un sourire rassurant aux lèvres. Bien que tout mon être soit attiré par un combat contre lui, j'ai choisi d'attendre. Se battre à un tel moment risquerait de le voir partir de l'académie. Et j'ai envie de le garder, même si j'ai demandé son expulsion, voilà deux ans.

Un sourire indéchiffrable flotta sur son visage. Il tourna sa tête vers Lise et lui fit un signe. Cette dernière ouvrit son gros dossier sur la table, et le parcourut d'une main experte. Théodore parla soudain.

-Mark, voudrais-tu rester avec le Conseil pour le travail de tout à l'heure ? Je brûle de voir enfin l'Eclair Bleu à l'oeuvre.

Le jeune homme roux s'empourpra immédiatement. Travailler avec le Conseil de Discipline était un honneur et une promesse d'ascension. Il acquiesça du chef, précipitament. Le membre le plus important du Conseil lui sourit et demanda, sans regarder son interlocutrice.

-Où et quand ?
-Dans la clairière au centre de la forêt, à deux heures. Nombreux."

Mark grimaça. Ca risquait d'être difficile, pour un premier travail. Il jeta un oeil à la pendule. Onze heure. Il avait peu de temps pour se préparer.

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Et les cours avaient commencé. Théorie de la magie, la pratique était réservée au mercredi. J'écoutais d'une oreille distraite les explications du professeur qui donnait un cour d'initiation aux nouveaux étudiants sur les flux de magie dans le corps humain. Je savais déjà que les mages étaient doués de magie grâce à l'énergie qui circulait avec le sang dans tous les organes du corps. C'était la raison pour laquelle le sang des mages était légèrement plus foncé que celui des hommes normaux. Plus le mage utilisait ses pouvoirs, plus l'énergie magique augmentait, et plus le sang était foncé. Avant l'apparition des académies de magie, les mages ne savaient pas qu'ils avaient des pouvoirs, et ne les utilisant pas, leur sang restait identique à celui des hommes normaux.
Il était amusant de constater que les premiers mages étaient en fait des illuminés, qui, croyant détenir des pouvoirs, en avaient réellement. (Parmi eux, on ne savait si les prophètes à l'origine de religions accomplissaient réellement des miracles, ou avaient un certain contrôle magique sur les gens qui les écoutaient, où si les croyances ne résultaient que de la crédulité de ses croyants.) Et en un mot, je m'ennuyais. D'abord parce que j'avais déjà entendu cette explication, et ensuite parce que la théorie ne devenait intéressante que lorsqu'elle expliquait logiquement une chose que l'on ne savait pas. Quelle heure était-il ? Déjà une heure et demi passée ? Je grimaçais... Quand pourrais-je enfin rejoindre Kapok à l'autre bout de la salle, en me séparant des nouveaux étudiants ? Je me reconcentrais sur les détails du dehors, de la forêt qui apparaissait par la fenêtre. Je ne savais pas où elle menait. Malgré toute notre joie ignorante, Kapok, Mark et moi n'avions jamais eu l'occasion ni le courage de s'enfoncer parmi les arbres... Cette pensée me fit soupirer. Où était donc Mark ? Et pourquoi mon regard ne pouvait-il se détacher des arbres ? J'avais un mauvais pressentiment. Sur mon bras, ma peau se hérissait.

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L'altercation qui s'était effectuée plus tôt dans la journée s'était envolée de l'esprit de Tolde. Elle avait facilement été remplacée par l'exaltation de se trouver enfin ici, à l'académie de magie. Au milieu de toutes les nouvelles Vestes Noires, juste derrière le garçon qui l'avait secourue, et qui, par la même occasion, avait fait hurler de joie toutes les Vestes Noires en défaisant son adversaire, elle écoutait avec attention le cour théorique. Elle eût la joie de découvrir l'origine de la magie qu'elle possédait. Elle coulait dans ses veines, parcequ'elle avait été choisie par elle. La qualité de mage ne dépendait pas de l'hérédité. Dans les ouvrages concernant la magie qu'elle avait lus, on pouvait à de nombreuses reprises voir que le therme d'élus désignait les mages. Elle comprit enfin que la manière d'accroître son pouvoir était de l'utiliser régulièrement. Elle décida alors, à l'inverse de ce qu'elle avait prévu, d'aller aux cours pratiques dans la journée du mercredi. Elle avait eu honte de son pouvoir. Ses coups de vents impressionnaient ses amis, près de chez elle, mais dans une académie magique, elle devait paraître ridicule. D'autant plus que Minoson Dajiel avait révélé une force supérieure à toutes celles qu'elle avait vu dans sa vie. En lui-même, le pouvoir du garçon n'était pas très impressionnant, mais le fait qu'il ait tenu plus longtemps, et sans effort, en utilisant le pouvoir d'un autre, était anormal, et témoignait d'une puissance infernale. Tout comme l'air de son visage.
En pensant à lui, elle le regarda. Lui qui semblait s'ennuyer plus tôt avait l'air très agité. Juste derrière lui, elle ne pouvait voir son visage, mais elle remarqua qu'il passait sans cesse une main dans ses cheveux, et que lorsqu'il ne le faisait pas, il enlaçait ses deux mains et se tordait les doigts. Elle aurait tout donné pour voir son expression, à ce moment. Tout à coup, Minoson tendit son bras vers la fenêtre à une vitesse folle et l'ouvrit brusquement. La suite sembla aller au ralentit.
Elle vit le garçon sauter souplement sur sa table. Elle vit son profil, avant qu'il ne saute par le câdre de la fenêtre. Ses yeux avaient jaunis, son nez semblait difforme, et des pointes saillaient de ses lèvres. Des dents pointues. Tout son visage se transformait. Et l'instant d'après, elle ne le vit plus.

Chapter Two : Babaowisky

Le professeur longilin était aussi joyeux que possible, comme lors de chaque rentrée. Il s'occupait des Vestes Noires depuis l'apparition de l'académie. Et il était comblé par ces étudiants, car ils étaient non seulement les plus aimables, mais aussi les plus curieux et captivés par l'apprentissage. Le fait de voir un de ses anciens élèves passer dans une classe supérieure le comblait de joie. Le professeur Jovin se réservait toujours le fait d'annoncer cette ascension à ses élèves. Il se souvenait encore de Mark Lomen, qui avait gravis les échelons sans passer chez les Vestes Jaunes, un an auparavant. Gonflé de fierté, il avait été déçu de ne rien voir d'autre qu'un sourire éclairer la face de l'étudiant. Et maintenant, il préparait un discours mental pour Minoson Dajiel, qui avait prouvé sa valeur dés son retour à l'académie. Et pourtant, on ne pouvait pas ne pas être impressionné après l'avoir connu deux ans avant ce jour. Malgré ses efforts, irréguliers mais présents, le garçon ne parvenait à gérer son pouvoir correctement. Bien sûr, c'était un pouvoir très limité, qui requiérait nombre de conditions, qui n'étaient pas des moindres. En pratique, chose la plus importante dans l'académie, il ne parvenait à rien. Certe, sa présentation avait été réussie, et assez spectaculaire, mais c'était grâce à Mark.
Mais en un an et demi, Minoson semblait avoir changé de mode de pensées. Il avait été peu sûr de lui, hésitant, craintif de mal faire ou de faire mal à ses partenaires d'exercices dans les journées de pratiques (le mardi, à l'époque). Mais maintenant, et le professeur Jovin l'avait aisément remarqué en observant le combat de son élève sur le mur de la salle, il n'y avait aucune retenue dans ses gestes, et aucune pitié dans ses yeux. Ce qu'avait aussi remarqué le grand homme, c'était que même en-dehors de son combat, Minoson ne souriait presque plus. Et quand il le faisait, il y avait soit de l'ironie, soit de la tristesse sur son visage. Tout en réfléchissant à cet élève spécial, le professeur faisait son cour théorique, et lui jetait par à-coups des regards en biais. Il n'écoutait pas, et ne faisait pas mine d'écouter. Il regardait dehors, sourcils froncés, comme s'il se faisait du soucis pour quelque chose. Le professeur, ignorant d'abord la raison de ce froncement de sourcils n'y prêta pas attention (la jeunesse est pleine de soucis) mais au bout de dix minutes, il comprit soudainement ce qui captait l'attention de l'étudiant. Venant de la forêt, une sorte de sifflement suraigü, qui ne s'entendait pas mais se sentait, traversant le corps des mages, dérangeant leurs cellules magiques. Détenant une haute concentration de ces cellules, le professeur Jovin aurait dû être le premier à sentir la magie dangereuse qui émanait de la forêt, mais Minoson, qui l'avait senti longtemps avant lui ouvrait brutalement la fenêtre et se jetait dehors. C'était le troisième étage. En même temps que la majorité des étudiants, le professeur, paniqué, courut vers la fenêtre. Quelle folie avait possédé Minoson ? Parvenu au câdre ouvert, il regarda en contrebas et poussa un cri de surprise.
Au pied du bâtiment, il n'y avait rien, pas même un trou témoignant d'un violent atterrissage. Mais plus loin, un grand loup noir galopait à toute allure en direction de la forêt.

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Cet étrange sentiment de gêne avait croît lentement, et j'avais enfin reconnu cette vibration qui signalait la naissance du mal, émanant de la forêt. Dans mon esprit, des rouages s'étaient mis à tourner à toute allure. Tout s'expliquait : pourquoi il y avait deux ans, on demandait à tous les étudiants de se rassemblait entre les trois bâtiments, dans la cour extérieure, alors qu'aucune alarme n'avait retentit. Je me demandais à l'époque comment faisaient tous les professeur pour décider en même temps de l'évacuation, alors qu'aucunmessage d'aucune sorte n'était passé entre eux. C'était parce que la forêt contenait un lieu de naissance des puissances obscures. Avais-je donc tant changé que la sensation de la naissance du Mal m'apparaisse aussi clairement alors que je ne ressentais rien de particulier avant ? La réponse était claire, et je n'avais pas le temps d'approfondir ma réflexion. J'ouvris la fenêtre, et je sautais immédiatement dans le vide. La distance jusqu'au néfaste lieu était grande, et je devais faire vite. Durant mon saut, je me métamorphosais en loup noir.
J'affectionnais particulièrement ce pouvoir, et l'histoire qui l'entourait. Durant mon saut, je me remémorais la longue journée durant laquelle j'avais recueillis cette magie. Mes babines, qui dessinaient un sourire permanent, se retroussèrent. C'était l'équivalent d'un sourire.
J'attéris souplement et partis au galop vers l'essence du Mal, sentant la rage faire vibrer tous mes muscles. C'était mon maître qui m'avait ainsi appris à la haïr, jusqu'à ce qu'une pensée seule suffise à m'insuffler des envies meurtières à leur égard. M'approcher d'eux hérissait tous mes poils, et me faisait hurler à la lune durant ma course. La forêt était silencieuse, mais les odeurs que je captais signalaient qu'en plus des ennemis qui m'attendaient, je n'étais pas seul. Il y avait six odeurs supplémentaires au même endroit. Et l'une d'elle, je ne l'avais pas sentie depuis longtemps.

# Postato domenica 11 maggio 2008 16:51

Modificato venerdì 01 agosto 2008 16:57

Aujourd'hui...

On utilise le mot "rock" à toutes les sauces.

Moi seul, de tous ces faussaires, je sais : je ne sais rien.
Aujourd'hui...
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# Postato domenica 03 agosto 2008 08:22

Mais... Mais...

Putain, mais c'est qui qui a chié dans mon froc ?!
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# Postato domenica 23 novembre 2008 16:53